1.1    Historique

C’est dans la grande histoire araméenne et syriaque que se situe la culture chrétienne de Tur Abdin.

Tur Abdin

Mais donner précisément de cette histoire une généalogie est une tâche quasi impossible. Comment dresser un tableau de ces communautés sans frontières dont on ne peut écrire l’histoire indépendamment de celle des empires au sein desquelles elles ont vécu ?

Empires, royaumes et républiques ; assyrien, babylonien, perse, hellénistique, romain, byzantin, omeyyade, abbasside, seldjukide, mongol, chinois, ottoman, quadjar, turc, irakien, syrien, iranien, libanais, indien. […] Cette civilisation a contribué à nous façonner jusqu’aux extrémités de l’Occident ; plus précisément parce que notre Occident latin en pleine formation a reçu des lumières spirituelles et intellectuelles de ceux qui surent assimiler et réélaborer dès le IIIème siècle dans leur langue déjà mature au moment où elle commence à s’écrire, les concepts philosophiques et théologiques reçus des Grecs et des Juifs et le message chrétien reçu de Palestine et d’Antioche.

ecriture
Nous savons que la plus ancienne civilisation mésopotamienne qui invente l’écriture est celle des Sumériens, peuple d’origine inconnue, puis que c’est en Mésopotamie qu’on trouve la plus ancienne langue sémitique connue, l’akkadien, plus de deux mille ans av. J.-C.  Mais un phénomène décisif dans cette région est celui de l’apparition des Araméens.

Personne ne sait exactement d’où ils viennent et qui ils sont à l’origine. Ils viennent peut-être de Qir, peut-être du pays d’Elam, peut-être d’Our en Chaldée. En tout cas, on les trouve à la fois au sud, aujourd’hui l’Iraq et l’Iran, et au nord, dans les régions de Harran, aujourd’hui en Turquie. Des documents égyptiens du XIVème siècle av. J.-C., les lettres d’el-Amarna, et des inscriptions assyriennes du XIIème av. J.-C. siècle parlent des Akhlamu et des Aramu. Ce sont des nomades qui s’infiltrent partout et qui finissent par prendre le pouvoir.

Les Araméens fondent des petits Etats en Mésopotamie, puis en Syrie jusqu’aux limites de la Palestine ! D’ailleurs, la Bible les connaît et en parle. Elle nous informe qu’ils sont tout proches du pays des Hébreux ; tout autour de celui-ci ; ils ont fondé des petits royaumes.

Ils parlent une langue sémitique cousine du cananéen, du phénicien et de l’hébreu. Ce sont les Araméens qui, ayant adopté l’écriture phénicienne, l’utilisent et la répandent partout. Et bien que l’existence des royaumes d’Aram soit éphémère, la langue araméenne conquiert tout le Proche-Orient. L’étonnant est bien là. Les Araméens n’ont pratiquement pas joué de rôle politique au Proche-Orient, et pourtant, leur langue est devenue la grande langue du Proche-Orient… et a survécu jusqu’à nos jours. La disparition des Etats araméens correspond à la domination des superpuissances de la région, Assyriens, puis Babyloniens puis Perses. Mais quand ces superpuissances disparaissent, leurs langues et leurs écritures ne survivent pas longtemps. Au contraire, les Araméens, qui n’ont plus de royaumes, continuent à vivre dans leur culture et voient leur langue et leur écriture servir à tout le monde.

Le phénomène est alors tout à fait considérable. L’araméen se diffuse et s’écrit partout, de l’Iran à l’Egypte. Déjà, le grand empire assyrien, l’une des grandes puissances du monde de 1000 à 650 av. J.-C., utilisait la langue araméenne. Au temps de l’empire perse achéménide, l’araméen était devenu la langue internationale et son écriture s’est diffusée partout. Ils avaient emprunté celle-ci aux Phéniciens qui sont ainsi à l’origine de nos écritures modernes. Il est vrai que leur alphabet de 22 signes est plus lisible que l’écriture cunéiforme. Et puis, très pratique, l’écriture araméenne a été à son tour empruntée par de nombreux autres peuples pour écrire leurs langues, même bien différentes : l’hébreu, le pehlevi, le sogdien, puis le manichéen, le ouigour, le mongol…

Telle est la belle complexité de l’aventure humaine. Les Araméens n’ont apparemment rien inventé. Mais l’écriture qu’ils ont empruntée aux Phéniciens est devenue, grâce à eux, l’écriture d’une civilisation immense en Orient. Les superpuissances, l’Assyrie, la Babylonie faisaient la loi, imposaient leur volonté dans la politique internationale. Pourtant, elles ont complètement disparu et leurs langues et leur écriture ne sont plus utilisées du tout depuis que les Grecs ont pris le pouvoir. Mais on parle encore des Araméens aujourd’hui grâce à leur postérité : les chrétiens du Tur Abdin en Turquie actuelle, d’Irak et d’Iran, de Syrie et de Palestine, et aussi de l’Inde du sud.

1.2    Les Eglises syriaques

L’Eglise Syriaque formée à partir d’une des premières communautés chrétiennes se réparti aujourd’hui en sept Eglises : l’Eglise Assyrienne, l’Eglise Chaldéenne, l’Eglise Syriaque Orthodoxe, l’Eglise Syriaque Catholique, l’Eglise Melkite Catholique, l’Eglise Melkite Orthodoxe et l’Eglise Maronite :

Eglise_syriaque

 

 

 

 

Quatre de ces sept Eglises sont rattachées à l’Eglise Catholique Romaine notamment par l’action de missionnaires venus en Mésopotamie (actuelle Irak, Syrie, Sud-est Turquie).

 

 

 

Nous sommes des fidèles de l’Eglise Syriaque Orthodoxe, nom que notre Eglise a pris au 17ème siècle pour montrer qu’elle est restée fidèle à ses origines (Orthodoxe vient du grec Orthos Doxé et signifie enseignement juste) vis-à-vis de l’Eglise Syriaque Catholique. Avant cette séparation, les 2 Eglises réunies portaient le nom d’Eglise Syriaque Occidentale faisant référence à sa situation géographie plus occidentale que l’Eglise Syriaque Orientale (connue aujourd’hui comme l’Eglise Assyrienne non rattachée à Rome et l’Eglise Chaldéenne rattachée à Rome depuis 1552). Saint Ephrem, Bar Ebroyo (souvent qualifié de Bar Hebreaus : fils de juif ce qui n’est pas le cas),… sont des Syriaques dont les noms ne vous sont probablement pas étrangers.

Il est important de constater que le terme « Orthodoxe » qui se retrouve dans le nom de notre Eglise, ne signifie pas que nous faisons partie de l’Eglise Orthodoxe à proprement parler. Ce terme n’est qu’une traduction française de celui qu’on utilise en Syriaque. Remarquons que, bien qu’issus de schismes différents, les Orthodoxes (1054) et les Chrétiens d’Orient dont les Syriaque Orthodoxes font parties (451) ont des points communs comme le fait de choisir les prêtres (ou popes) parmi les hommes mariés (une fois le grade de diacre atteint, le mariage n’étant plus autorisé) et l’absence du « filioque » dans le credo. Les Syriaques Orthodoxes ont leur propre patriarcat situé à la base à Antioche. Le siège patriarcal a été déplacé d’abord en 1034 au couvent de Saint Barsaum, près de Samosate ensuite en 1239 au monastère du Safran (Tur ‘Abdin, S-E Turquie) et enfin en 1924, suite au génocide de 1915, à Homs près de Damas.

Il est courant de voir dans la littérature que notre Eglise est improprement appelée « Jacobite » en faisant référence à l’évêque Jacques Baradée. Nous ne pouvons accepter cette appellation qui laisse penser que notre Eglise a été créé par Jacques Baradée or qu’il n’a fait que la réorganiser suite au rejet du concile de Chalcédoine.

Il arrive aussi que l’on nous nomme péjorativement du nom de « monophysite ». A nouveau, ce nom est erroné. En effet, il laisse croire que nous nions les 2 natures du Christ. Ce n’est pas du tout le cas. Nous affirmons, selon la formule de Sévère d’Antioche, que la fusion de la nature humaine et de la nature divine fait qu’il ne reste qu’une nature composée des 2. Cela veut bien dire que nous croyons aux 2 natures du Christ !

Tournons-nous maintenant vers l’aspect théologique. A deux reprises, nos Patriarches, d’abord feu Mor Ignatius Yakub III ensuite Mor Ignatius Zakka I, ont signé avec les Papes Paul VI et Jean-Paul II une déclaration affirmant que nos deux Eglises professaient la même foi. Ceux qui en veulent une copie pourront en avoir une à la fin.

La communauté Syriaque Orthodoxe est originaire du Sud-est de la Turquie, de la Syrie, de l’Irak, du Liban. Aujourd’hui, elle se retrouve éparpillée aux quatre coins du monde. Les premières vagues d’exil ont eu lieu vers 1920 en direction du continent américain suite au génocide de 1915 qui frappa 500.000 chrétiens Syriaques des différentes Eglises présentes sur le territoire de la Turquie actuelle. La deuxième vague commence au début des années 60.

La Belgique a vu ses premiers Syriaques Orthodoxes arrivés vers 1975 et elle en compte aujourd’hui entre 8.000 et 10.000 se répartissant entre Bruxelles, Liège et Anvers. Il y a 3 paroisses à Bruxelles (Saint Izozoel (Rue du Noyer 20 – 1000 Bruxelles), Saint Jean-Baptiste (Rue le Corrège, 1000 Bruxelles) et Sainte Marie Mère de Dieu (Rue Jacobs Fontaine 122 – 1090 Jette)) et un chorévèque à Liège qui dessert la communauté que nous avons là-bas. Jusqu’à aujourd’hui, notre Eglise n’est pas reconnue par l’Etat Belge et donc ne reçois pas de subsides.

 

1.3    La Mésopotamie, berceau de l’Église araméenne

 

On constate que le peuple araméen, dont le langage a été adopté comme langue véhiculaire et comme langue officielle au Proche-Orient pendant une longue période, est en même temps celui dont l’histoire est la plus mal connue.  L’araméen apparaît en Syrie et en Mésopotamie, au moins dès le Ier millénaire avant notre ère. À partir du XIIe siècle avant JC., des tribus araméennes venues du sud s’installent en Syrie et en Iraq. Pendant la dernière période de l’Empire assyrien (1000-600 av. J.-C.), l’araméen devint langue internationale à travers tout le Moyen-Orient. Elle fut la langue officielle de l’Empire perse (550-330 av. J.-C.).

Pays entre les fleuves, la Mésopotamie est une vaste plaine constituée par le bassin du Tigre et de l’Euphrate.

Actuellement, la Mésopotamie se trouve presque essentiellement en Irak et pour une faible part en Turquie et Arménie.

La tradition attribue à l’apôtre saint Thomas l’évangélisation de cette région qu’il traversa en venant d’Antioche et d’Edesse et où il laissa deux de ses disciples Addaï et Mari pour l’évangéliser, allant lui-même évangéliser l’Inde. La Mésopotamie devint alors la patrie du christianisme araméen avec de grands centres comme Edesse, Nisibe et Ninive.

1.3.1    Le christianisme araméen en Turquie

Les différents termes utilisés pour nommer les Araméens, ne donnent qu’une différence religieuse, mais pas ethnique. Leur territoire ancestral est divisé entre plusieurs pays : Turquie, Syrie, Iraq. Les déplacements de population, surtout au XIXe et au XXe siècle, pendant les guerres, ont formé d’importantes communautés en Iran, au Liban et en Arménie, de plus petites en Jordanie et en Israël. On compte également d’autres petites communautés à l’Ouest de la Turquie, en Géorgie, en Palestine, à Chypre et en Azerbaïdjan.

La Turquie avec ses 70 000 000 d’habitants, n’a pas plus de 140 000 chrétiens. Depuis quelques années, à cause des troubles et l’insécurité, les chrétiens ont quitté en masse les grands centres chrétiens qui étaient à l’Est : Mydiat, Mardin, Diarbakir. Le nombre des chrétiens araméens de cette région est aujourd’hui fort réduit, ils se trouvent à Mydiat et à Mardin. Mais la majorité d’entre eux se trouve à Istanbul ou dans les pays d’émigration : Suède, Hollande, Allemagne, Belgique, France…

1.3.2    Le Génocide

Une grande partie des syriaques de Turquie sont morts avec les arméniens durant les massacres de 1915 et la communauté syriaque fait toujours l’objet de mesures vexatoires dans ce pays. Ils ont été diversement réprimés en Irak, particulièrement durant les années 1930. Une partie importante des communautés de langue syriaque a quitté la région et les émigrés se sont établis dans divers pays occidentaux. La montée de l’Islam politique ces dernières années a amplifié le mouvement d’émigration. Plus récemment, la guerre d’Irak (2003) qui a abouti à une anarchie de fait a entraîné une recrudescence des attaques à motivation religieuse.

C’est une terrible litanie que celle des villages abandonnés par leurs habitants dans le Tour Abdin, cette “montagne des Serviteurs de Dieu” où a vécu pendant des siècles l’une des plus anciennes communautés chrétiennes d’Orient:

C’est un monde qui fait naufrage, une communauté qui est en train d’être rayée de la carte, une culture qui est assassinée — dans l’indifférence générale — et pourtant peu de communautés chrétiennes peuvent s’enorgueillir d’une telle ancienneté. Ce sont des témoignages exceptionnels de l’architecture religieuse des premiers siècles en Orient qui, sauf de rares exceptions, sont condamnés à disparaître, faute de fidèles, de gardiens et d’entretien. Depuis toujours cette région a été plongée dans la violence.

1.3.3    Le syriaque

Le syriaque est une langue sémitique parlée au Proche-Orient, et qui appartient au groupe des langues araméennes. L’araméen existe au moins depuis le XIIe siècle av. JC et qui a évolué au cours des siècles. La langue araméenne est fascinante car ce fut la langue que parlaient Jésus et les Apôtres, on l’étudie de plus en plus pour les études bibliques et par exemple au Caire elle est étudiée dans toutes les Universités y compris à al-Azhar, la grande université musulmane.

Cette langue est toujours très parlée en Irak, avec quelques variantes locales. Elle est parlée aussi en Syrie, en Turquie, en Iran et en diaspora, soit sous sa forme appelée soureth, c’est-à-dire le « syrien », appelée aussi al-masihy, c’est-à-dire “le chrétien” ou la forme appelée le toroyo et qui est la langue du Tur Abdin, dans l’Est de la Turquie

Le syriaque s’écrit de droite à gauche et, comme pour les autres langues sémitiques, son alphabet est dérivé de l’alphabet phénicien. L’alphabet syriaque se compose de 22 lettres qui peuvent être liées ou non selon leur position dans le mot. Il existe trois formes principales de typographies

Puisqu’on trouvait des locuteurs de cette langue un peu partout dans le Moyen-Orient et qu’elle était relativement facile à apprendre pour les peuples de langues sémitiques, l’araméen devint la lingua franca du Moyen-Orient, sous une version relativement uniforme et très riche connue sous le nom d’araméen impérial. L’araméen évince progressivement d’autres langues sémitiques comme l’hébreu (VIe siècle av. JC après l’exil de Babylone) et le phénicien (Ier siècle av. JC) (le phénicien survivra cependant hors du Moyen-Orient sous sa version punique).

Le XXe siècle a vu l’apparition d’idéologies nationalistes parfois intolérantes qui ont grandement affecté les communautés de langue syriaque. Du fait des problèmes politiques et religieux inhérents au Moyen Orient, l’usage de la langue syriaque, déjà réduit, a fortement reculé.

1.4    Les araméens d’aujourd’hui

Au cours du XXe siècle et à cause de persécutions diverses et de conditions de vie difficiles dans un environnement mouvementé politiquement, les fidèles syriaques ont dû comme beaucoup de leurs coreligionnaires quitter leurs terres d’origine et se réfugier en Amérique, en Europe et en Australie. Les premières migrations vers l’Europe commencèrent après 1960, tout d’abord principalement aux Pays-Bas, en Allemagne et en Suède. Les émigrations se poursuivirent aussi dans les années 1970. La grande vague d’émigration eut lieu dans les années 1980, et de nos jours les Syriaques sont répandus dans toute l’Europe occidentale. Mais il faut dire que la difficulté de la migration et de la langue du pays d’accueil n’ont guère empêché les Syriaques de pratiquer leur foi selon leur propre langue, tradition et culture. En effet, si les Syriaques orthodoxes ont survécu jusqu’à aujourd’hui aux crises de l’Histoire, s’ils sont restés fidèles à la foi chrétienne de leurs ancêtres, c’est grâce à la Providence, à la main de Dieu qui protège ses enfants. Par ailleurs, il est bien connu des émigrés syriaques qu’ils se soucient avant tout de construire une maison pour Dieu, avant même de bâtir leurs propres maisons. C’est pourquoi, ils ont travaillé ardemment et réussi soit à construire soit à acheter des églises. Aujourd’hui ils en possèdent plus d’une centaine dans toute l’Europe (environ une cinquantaine en Allemagne, une quarantaine en Suède, une dizaine aux Pays-Bas, quatre en Belgique et une en France) ; de même, ils se sont appropriés trois monastères : le Monastère de Saint Ephrem à Losser (Pays-Bas) en 1980, le Monastère de Saint Jacques de Sarough en 1996 Warburg (Allemagne), et le Monastère de Saint Awgin à Arth non loin de Zurich (Suisse) en 1995. Quelques moines et moniales vivent dans chacun de ces monastères qui servent de petits séminaires où les jeunes peuvent recevoir un enseignement traditionnel et apprendre la langue syriaque, tout en suivant leurs études secondaires dans le lycée de l’Etat. Aujourd’hui, l’Europe est divisée en cinq diocèses syriaques orthodoxes: Diocèse de la Suède et des pays scandinaves, Diocèse Vicariat patriarcal de la Suisse et Autriche, le Diocèse Vicariat patriarcal de l’Allemagne, le Diocèse de France et Belgique et le Diocèse Vicariat patriarcal du Pays-Bas.

 

Patriache

Le précédent patriarche d’Antioche et chef suprême de l’Eglise syriaque orthodoxe universelle » se nommait  Mor Ignatius Zakay I Iwas (né le 21 Aprile 1933,Mosul –  décédé le 21 Mars 2014, Kiel Germany)

 

 

 

 

Mar Ignatius Aphrem II Karim

L’actuel patriarche se nomme “Aphrem II Karim”.

1.5    Eglise Orthodoxe d’Antioche

L’Eglise Syriaque Orthodoxe est l’église d’Antioche, dont le siège apostolique fut établi en l’an 37 ap. J-C. par Saint Pierre, le chef des apôtres à Antioche, l’ancienne capitale de la Syrie. C’est donc une église syrienne. A l’aube du christianisme, les membres de cette Eglise étaient les peuples du nord et du sud de la Mésopotamie. Ils étaient juifs ou païens parlant l’araméen (syriaque), la langue vernaculaire de la Syrie antique. Ils ont été convertis au christianisme par le ministère des apôtres et des disciples qui se sont dispersés après le martyre de l’archidiacre saint Etienne à Jérusalem. Bon nombre d’entre eux sont venus à Antioche pour prêcher le Saint Évangile et des multitudes de juifs et de païens ont été converties au christianisme par leurs efforts. La communauté chrétienne d’Antioche est donc la plus ancienne après celle de la sainte Sion, mère de toutes les Eglises, et ce fut à Antioche que les disciples de Jésus reçurent pour la première fois le nom de chrétiens. Les apôtres Pierre et Paul y séjournèrent, et c’est à Antioche que les premières missions commencèrent vers l’Occident et vers l’Asie. Selon Eusèbe, Saint Pierre devint épiscope d’Antioche la quatrième année après l’ascension du Christ (Antioche), selon le pape Saint Innocent (Antioche qui fut le premier siège du premier apôtre). Saint Pierre a consacré deux groupes. C’est lui qui a appelé l’Eglise « catholique » ou « universelle », devenant ainsi le premier à utiliser le terme comme attribut de l’Eglise.

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